vendredi 18 décembre 2009

ZIKAM NDRA SO! (Restez dans la paix!)


« C’est la fête bientôt! Il faut acheter les habits pour les enfants. » C’est une phrase que j’entend régulièrement ici. On parle peu de cadeau pour Noēl, on pense plutôt aux vêtements neufs, ce qui n’est pas bête. Le 25 décembre, on partagera une partie du repas avec le voisinage, on boira la bière de mil (pour ça c’est Noēl tous les jours), on dansera à l’église.
Une bonne partie des volontaires est déjà en route vers le sud, pour découvrir le Cameroun du bord de mer. J’ai hésité, puis ai décidé de passer le 25 au village. Je partirai à mon tour le 27 environ. La mer c’est la mer…

À vous qui me lisez, je ne sais trop comment vous souhaitez le bonheur d’un Noēl joyeux et paisible. Simplement acceptez donc ces petits moments de bonheur qui ont traversé ici mon quotidien:

-J’ai vu Doudou vers 16hre à l’hôpital avec sa Yasmine de 9 mois. Après 3 jours de diarrhée, le mal s’en va et la petite retrouve le sourire. Doudou me sourit aussi quand je lui laisse une grosse papaye pour se désaltérer.
-Tristel, une autre petite de Doudou, me séduit chaque fois qu’elle me lance « Serge Ndra » -Notre Serge à nous.
-Hier chez mon ami Yougouda, sa vieille mère Briyé Marie m’a fait une belle danse d’épaules, en me chantant un quelconque refrain guiziga.
-Je vous le radote, mais le Lawane de Murdok m’a touché quand je me suis déplacé en brousse pour le rencontrer, et qu’il ma dit que si il était à la maison, il égorgerait un poulet pour me remercier.

Depuis que je suis au Cameroun, vous vous dites sûrement « Mais il a touché le Christ ou quoi? » C’est vrai que je n’ai pas laissé suinter beaucoup de négatif sur ce blog, mais c’est parce qu’il n’y en a pas vraiment. J’en remercie le ciel, et vous qui me soutenez… Si vous traversez des moments difficiles, sachez qu’il y a un ami qui pense à vous, dans un village de l’autre côté de l’océan.

ZIKAM NDRA SO!

mercredi 9 décembre 2009

UN 1er DÉCEMBRE AU MARCHÉ


Nous avions reçu 77 000FCFA pour organiser un événement au marché public de Moutourwa, à l’occasion de la journée internationale de lutte contre le VIH/SIDA. Avec d’autres volontaires, avec les jeunes du club santé du Lycée, avec une équipe de dépistage de la maladie et avec des jeunes comédiens amateurs, on s’était donné un beau programme comme je les aime : un peu chargé…

Je faisais office de coordonnateur et je m’en suis donné à cœur joie. Mon slogan : « Il faut que ça roule! » En général, la journée s’est bien passée, malgré les retards de quelques heures pour plusieurs participants. Au menu : sketches ambulants, distribution de dépliants et de condoms, causeries, animation et test de dépistage gratuit; le tout accompagné de musique et de danse.

Le VIH/SIDA en Afrique, c’est 22 000 000 de personnes infectées (presque les 2/3 du total mondial). La lutte contre cette maladie a profité d’énormément d’argent dans le passé. Une partie de ces sous a servi, une partie fut mangée… Avec la fonte des subventions, les organismes les plus solides sont restés : on fait quand même de belles choses pour prévenir ou pour soutenir les personnes vivant avec cette réalité.

L’activité qui m’a le plus impressionné est le test de dépistage. 175 personnes se sont présentées au hangar pour la prise de sang; 30 minutes plus tard, ils recevaient le résultat de la bouche d’une intervenante, le plus confidentiellement, sous l’arbre près du hangar. Avec moi, le prochain événement du genre sera mieux encadré. Le côté technique roulait bien, mais le volet counselling manquait peut-être de profondeur…(trop peu de ressources humaines).
J’étais encore au marché aujourd’hui. Un gars un peu déficient m’a approché pour se rassurer. On lui a dit qu’il était « négatif », et il ne comprenait pas bien si c’était bon ou pas. Vous auriez trouvé trop « cute » son sourire de soulagement quand je lui ai dit que négatif, c’était très « positif ».

Bien sûr, sur ces 175 braves, 5 ou 6 ont découvert qu’ils L’avaient. Comme le tout est un peu confidentiel, je ne saurai pas si ces gens auront un bon suivi, ou si ils en auront même un… Comme on dit souvent ici : « On va faire comment? »